Motion du Congrès National
64ème Congrès national FCPE à Brive‐la‐Gaillarde
les 22, 23 et 24 mai 2010 ‐‐‐ Déclaration solennelle
Pour un autre regard sur l’enfance et la jeunesse !
La logique du libéralisme qui conduit au démantèlement de l’éducation nationale, s’accompagne du développement de mesures autoritaires.
Au travers de l’utilisation disproportionnée des mesures de sécurisation des établissements, des sanctions disciplinaires, voire du recours à la justice, des discours (l’autorité du maître, la médicalisation des questions de comportements), la suppression des allocations familiales, on assiste à l’institutionnalisation d’une mise sous contrôle des enfants-élèves, des parents et au-delà de toute la communauté scolaire, déniant à l’école son rôle éducatif.
Dans le même temps, les conditions d’accueil et de travail se dégradent pour les personnels et pour les élèves. Les difficultés pour les parents de nouer des relations avec l’école s’accroissent. Elles s’amplifieront avec la suppression des 80 000 postes d’enseignants et d’encadrement.
Nous exigeons la création d’emplois éducatifs et d’encadrement pérennes.
Nous exigeons une sectorisation et des réseaux de transport favorisant la mixité sociale pour accueillir tous les élèves et une même offre éducative sur tout le territoire.
Nous refusons un modèle dans lequel la seule alternative est de se conformer ou d’être exclu. Nous refusons le fichage des élèves, par base élèves, sconet...
Nous refusons des systèmes d’évaluation, d’affectation et de sanction quand ils servent à trier, écarter les élèves, hiérarchiser les établissements.
Nous refusons le recours aux violences institutionnelles que sont aujourd’hui les conseils de discipline.
Nous refusons la suppression des allocations familiales, une mesure inefficace qui stigmatise les familles les plus modestes et ne répond en rien au problème posé. Enfin, nous refusons que les établissements scolaires deviennent des lieux de surveillance dans lesquels les élèves sont en permanence sous le regard inquisiteur des adultes (cameras, police dans les établissements, surveillance par internet) et nous refusons que les parents d’élèves soient soumis à toute dictature de contrôle.
La FCPE demande qu’une réflexion s’engage et qu’une autre logique soit impulsée sur l’enfance et la jeunesse, qui donne une priorité à l’éducation.
